Fin du RTC : comment migrer vers la VoIP sans interrompre votre activité

Comment migrer vers la VoIP sans interrompre votre activité

Le résumé

En France, la fermeture progressive du réseau cuivre oblige les entreprises utilisant encore des lignes RTC (Réseau Téléphonique Commuté) ou DSL (Ligne d’abonné numérique) à migrer avant la fermeture technique de leur zone, programmée par lots jusqu’à fin 2030. La VoIP constitue l’une des principales solutions de remplacement. Pour éviter une interruption, il faut inventorier les lignes et équipements, tester la nouvelle solution, planifier la portabilité des numéros, sécuriser la connexion internet et vérifier le fonctionnement de tous les services le jour du basculement.

Sommaire

Le RTC, réseau téléphonique commuté, c’est la ligne fixe analogique classique, celle qui passe par la prise en T. Orange, propriétaire de l’infrastructure, pilote sa fermeture. L’Arcep, le régulateur des télécoms, supervise l’ensemble du calendrier et réunit les opérateurs chaque mois pour suivre la transition.

La fermeture se fait en deux temps, zone par zone. D’abord la fermeture commerciale : plus aucun nouvel abonnement cuivre n’est possible, mais les lignes existantes continuent de fonctionner. La fermeture technique intervient au moins douze mois après la fermeture commerciale, selon le calendrier du lot.

Concrètement, si votre entreprise dépend encore d’une ligne RTC, ADSL ou VDSL classique, deux cas de figure. Soit votre commune fait partie des lots déjà fermés commercialement, et le compte à rebours technique a commencé. Soit elle suivra dans les prochains lots, prévus jusqu’en 2030. Dans les deux cas, attendre la dernière minute revient à migrer dans l’urgence, avec beaucoup moins de marge pour corriger un problème.

Étape 1 : faites l’inventaire réel de vos lignes

Avant de contacter qui que ce soit, listez ce que vous avez vraiment. Combien de lignes actives, lesquelles servent réellement contre celles qu’on paie par habitude, quels numéros sont imprimés sur les factures, le site web, les véhicules. Et surtout, quels équipements dépendent encore d’une ligne fixe pour fonctionner : alarmes, terminaux de paiement, ascenseurs, télésurveillance. C’est souvent là que se cachent les mauvaises surprises.

Cette étape est celle qu’on saute le plus souvent, en se disant qu’on avisera en cours de route. C’est rarement une bonne idée. Les migrations qui se passent mal viennent presque toujours d’une ligne ou d’une dépendance oubliée.

Étape 2 : vérifiez la portabilité de vos numéros

Un numéro professionnel a souvent plus de valeur que la ligne sur laquelle il tourne, surtout s’il est utilisé depuis des années et associé à des avis, des campagnes publicitaires, du bouche-à-oreille. La portabilité permet de garder ce numéro en passant à la VoIP, sans que rien change pour vos clients et contacts.

Demandez directement à votre futur prestataire si la portabilité est incluse et combien de temps elle prend. Cela peut varier de quelques jours à plusieurs semaines selon l’opérateur. Lancez cette démarche tôt : c’est la seule étape de toute la migration qui ne dépend pas entièrement de vous.

Étape 3 : choisissez un prestataire dont les responsabilités sont clairement établies

C’est l’étape que la plupart des guides passent sous silence, et c’est pourtant celle qui compte le plus le jour où quelque chose ne va pas.

Tous les fournisseurs de VoIP ne gèrent pas eux-mêmes le réseau sur lequel passent vos appels. Beaucoup revendent l’accès à une infrastructure détenue et exploitée par un tiers. Ce n’est pas un problème en soi, mais cela veut dire qu’en cas de panne ou de question de conformité, vous avez affaire à un intermédiaire, pas à l’acteur réellement responsable du service.

Un opérateur déclaré auprès de l’Arcep est directement responsable de l’infrastructure et de la conformité qui l’entoure. Au quotidien, cette distinction ne se voit pas. Le jour d’une panne, d’une question de traitement des données ou d’un numéro à débloquer en urgence, elle change tout. Posez la question directement à tout prestataire évalué : êtes-vous opérateur déclaré, ou revendez-vous le réseau d’un autre ? La réponse indique qui décroche vraiment quand il y a un problème.

Étape 4 : testez avec une équipe restreinte pour commencer 

Ne migrez pas toute l’entreprise le premier jour. Choisissez un petit groupe, si possible des personnes qui remontent les problèmes plutôt que de les contourner en silence, et faites tourner le nouveau système en parallèle de l’ancien pendant une à deux semaines.

Cette phase révèle ce qu’aucune démonstration commerciale ne montre : un souci de qualité d’appel sur un réseau wifi précis, une règle de routage qui ne correspond pas à la façon dont l’équipe répond réellement, une habitude construite autour d’un poste fixe qui n’existe plus. Corriger cela quand ça touche trois personnes est beaucoup plus simple que quand ça en touche trente.

Étape 5 : préparez le jour du portage et un plan de secours

Les deux systèmes peuvent être testés en parallèle avant la portabilité, mais le même numéro ne reste pas actif simultanément chez deux opérateurs après son portage. Le jour du basculement, l’ancien service associé au numéro s’arrête et le nouveau prend le relais.

L’Arcep précise que l’interruption entre la coupure chez l’ancien opérateur et l’activation chez le nouvel opérateur ne doit pas dépasser quatre heures. Pour limiter l’impact sur l’activité, programmez l’opération sur un créneau peu chargé et prévoyez une solution de secours.

Votre plan de basculement doit prévoir :

  • un responsable interne disponible pendant toute l’opération ;
  • un contact d’escalade chez le nouveau prestataire ;
  • des téléphones mobiles ou numéros alternatifs en cas d’incident ;
  • un message d’information pour les équipes ;
  • une liste de tests à effectuer immédiatement après le portage.

Vérifiez sans attendre les appels entrants et sortants, l’affichage des numéros, les transferts, les files d’attente et la messagerie vocale. Confirmez également avec le prestataire la configuration de l’acheminement et de la localisation des appels d’urgence, sans effectuer d’appel de test vers un numéro d’urgence.

Étape 6 : connectez la VoIP à votre CRM

Une migration vers la VoIP constitue aussi l’occasion d’améliorer le suivi commercial.  Lorsque la téléphonie est connectée au CRM, les appels entrants et sortants peuvent être consignés automatiquement dans les fiches contacts, selon les fonctionnalités proposées par la solution.

Avant de choisir un prestataire, vérifiez précisément le fonctionnement de l’intégration avec HubSpot, Pipedrive ou votre CRM actuel :

  • quels appels et quelles données sont synchronisés ;
  • comment les contacts sont identifiés et associés ;
  • si les notes, tags ou statuts peuvent être ajoutés ;
  • quels droits d’accès sont disponibles ;
  • comment les données sont sécurisées et conservées.

Si la solution permet d’enregistrer les conversations, vérifiez également sa conformité au RGPD. 

Une intégration bien configurée améliore la traçabilité des échanges et la fiabilité du reporting, sans imposer aux équipes une saisie manuelle après chaque appel.

Étape 7 : vérifiez et résiliez proprement les anciennes lignes

Une fois que le nouveau système a tourné sans incident sur un cycle de facturation complet, résiliez formellement les anciennes lignes ; n’arrêtez pas simplement de payer en espérant que cela se fermera tout seul. Demandez une confirmation écrite et conservez-la. Il arrive que des lignes « résiliées » à l’oral continuent d’être facturées faute de traitement administratif.

C’est aussi le bon moment pour mettre à jour toutes les références de l’ancien système encore actives. Les cartes de visite oubliées dans un tiroir n’ont pas d’importance. Votre fiche Google Business, le bas de page de votre site et tout équipement encore câblé sur l’ancienne ligne (alarme, terminal de paiement) en ont une.

Passez à la VoIP sans interrompre votre activité

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Le RTC désigne le service de téléphonie fixe traditionnel. Le réseau cuivre est l’infrastructure physique qui supporte le RTC, mais aussi les connexions ADSL, SDSL et VDSL. La fermeture du cuivre entraîne donc l’arrêt de l’ensemble de ces services dans les zones concernées.

La fermeture technique a commencé en janvier 2025 et se déroule progressivement, par lots de communes, jusqu’à fin 2030. La date exacte dépend de l’adresse de l’entreprise et peut être vérifiée sur le service Ma connexion internet de l’Arcep.

Oui. La portabilité permet généralement de conserver un numéro fixe lors d’un changement d’opérateur ou de technologie. La demande doit être confiée au nouvel opérateur. Il ne faut pas résilier soi-même la ligne avant le portage.

Il faut auditer les lignes et équipements, tester la solution avec des numéros temporaires, programmer le portage sur un créneau peu chargé et prévoir un moyen de secours. Le jour du portage, l’interruption réglementaire entre les deux opérateurs ne doit pas dépasser quatre heures.

Oui, pour les usages de téléphonie professionnelle. Onoff Business permet de conserver ses numéros grâce à la portabilité et de gérer les appels, SMS et messages vocaux depuis un mobile ou un ordinateur. Les équipements spécifiques : alarmes, ascenseurs ou terminaux de paiement, doivent toutefois faire l’objet d’une vérification séparée.